La pédagogie Freinet

Dans un coin de la classe, deux élèves travaillent sur une fiche de mathématiques. Trois autres se concertent autour d’un article qu’ils sont en train d’écrire pour le journal. Un autre petit groupe fabrique une cabane pour les oiseaux. Sur l’ordinateur, un élève recopie son texte libre. Quatre autres, ici et là, continuent de remplir leur plan de travail. L’enseignant fait le point avec un élève sur l’avancée de ses projets.

Soudain, une élève, présidente de la semaine, agite une cloche. C’est l’heure du conseil de classe. Chacun interrompt ses occupations et vient s’installer autour d’elle.

Voici un exemple de ce qu’il peut se passer dans une classe Freinet.

L’article qui suit va tenter d’expliquer ce qu’est ce courant pédagogique et comment s’en inspirer chez soi.

Qui était Célestin Freinet ?

Célestin Freinet est un des piliers de l’éducation moderne. On peut le ranger avec Decrolli et Pestalozzi qui ont participé à ce qu’on appelle l’éducation nouvelle. Elle s’adresse à tous et en particulier aux enfants qui sont issus des milieux les plus populaires.

Revenons à Célestin Freinet, celui dont, parfois ,l’énoncé de sa pédagogie peut faire dresser les cheveux sur la tête à des parents d’élèves un peu trop timorés. Commençons par un peu d’histoire. Célestin Freinet est né en 1896 à Gars dans les Alpes Maritimes. Il est issu d’une famille modeste, d’extraction paysanne.

Bon élève, il n’aime cependant pas aller à l’école, car il s’y ennuie. Cela ne l’empêche pas de passer le concours pour devenir instituteur. Il commence sa formation en 1912. Cependant, en 1914, l’appel à la mobilisation générale fait qu’il ne termine pas. Toutefois, il est blessé en 1917 et en gardera des séquelles aux poumons durant toute sa vie. Cette blessure va sans doute orienter sa manière d’enseigner.

En 1920, il devient instituteur est nommé à l’école de Bar sur Loup. Ne pouvant pas vraiment parler très longtemps, il va finir par adopter une technique d’enseignement un peu révolutionnaire.

Il met en place l’imprimerie en classe et incite les élèves à fabriquer un journal. La coopérative naît durant ses deux premières années d’enseignement.

L’envol de la pédagogie Freinet

On ne peut pas parler de Célestin Freinet sans parler de sa femme, Élise. Ils se marient en 1926. Élise est aussi enseignante. Elle collabore finalement avec son mari en 1927 et ils sont tous les deux nommé à St Paul de Vence.

Élise s’occupe des plus petits et Célestin a la classe des plus grands. Le couple continue à mettre en place leurs innovations pédagogiques et ils fondent la revue La gerbe. C’est un recueil des meilleurs textes écrits par les élèves. Dans la foulée, Célestin éditera un bulletin pour que les enseignants puissent s’auto-former à sa démarche pédagogique. Rapidement, un réseau va se former autour de Freinet. Il fonde en 1927 la coopérative de l’enseignement laïque. Par ce biais, il distribue des films, des brochures et même des disques pour diffuser ses pratiques nouvelles.

Comme dit plus avant, Freinet est un des piliers de l’éducation nouvelle. Il s’inspire des travaux de Pestalozzi, visite des écoles à Hambourg, fait un voyage en URSS pour les écoles communistes, rencontre Decrolli… Tout cela lui permet de mettre au point de nouvelles techniques dans sa classe. Cependant, cette modernité suscite de la méfiance et ses supérieurs commencent à lui mettre des bâtons dans les roues.

Ainsi, en 1933, il est accusé de communisme au sein de l’éducation nationale. Il est sommé de prendre sa retraite. Mais Freinet ne se laisse pas abattre et il a pour projet de fonder sa propre école.

Ecole Freinet de Vence (A.-M.) – La composition chez les petits. 1937. / ICEM

C’est ainsi qu’en 1935, il fonde une école et en internat près de Vence dans les Alpes Maritimes, le Pioulier. Le couple Freinet prennent sous leurs ailes des petits-enfants en manque d’affection. Ils accueillent de nombreux réfugiés espagnols. En parallèle, Célestin continue à parcourir le monde pour faire des conférences.

En 1939, la deuxième guerre mondiale commence. On interdit les journaux d’enfants. Freiner est soupçonné de faire de la propagande pour le parti communiste et est arrêté et interné en 1940, pendant 19 mois.

Toujours fragilisé par sa blessure de la première guerre mondiale, il tombe gravement malade. Cependant, cela ne l’empêche pas d’écrire sur la pédagogie et de continuer à essayer de diffuser ses idées.

Après la guerre il pense que l’opportunité qui se pose de relancer le système éducatif français en l’alimentant avec ses idées nouvelles est là, mais personne ne prête attention à lui. On rejette sa pédagogie et on l’ignore. Mais Freinet ne se laisse pas abattre et en 1948 il crée l’ICEM, l’Institut coopératif de l’École Moderne.

Il forme les enseignants à ses méthodes éducatives et le mouvement prend alors une ampleur inespérée. De nombreuses visiteurs viennent voir fonctionner son école privée qui a rouvert après la guerre. En 1949, le film L’école buissonnière qui relate les débuts de l’instituteur obtient une petite notoriété auprès du grand public qui commence à s’intéresser à sa pédagogie.

Célestin Freinet est mort en 1966. Il laisse un grand héritage et l’ICEM continue à propager son œuvre. On trouve donc des classes qui fonctionne avec le modèle Freinet dans presque que tous les pays du monde. Ces classes coopératives fonctionnent comme à l’époque en y incorporant les technologies modernes : l’imprimerie a été remplacée par l’informatique, maintenant les enfants peuvent filmer avec des caméras et propager leurs journaux par Internet.

En 1964, l’école Freinet est reconnue par l’éducation nationale. Cependant elle ne concerne vraiment qu’une minorité d’élèves scolarisés, on estime à 5 % la proportion d’écoles Freinet parmi le contingent d’écoles publiques en France. La méthode Freinet fait toujours peur, peut-être parce qu’elle donne un peu trop la parole aux enfants.

La pédagogie Freinet, concrètement, c’est quoi ?

Le texte libre

Quand on pense Freinet, on pense tout de suite à l’imprimerie et le journal. Oui, ce sont ses premières innovations pédagogiques. Cependant, pour alimenter son journal, une classe Freinet se repose sur les productions libres des élèves. Voilà le noyau de la méthode Freinet. L’expression libre.

L’enfant va pouvoir parler de tout, de ce qui l’intéresse, mais aussi de ce qui le questionne. Il va pouvoir parler de son quotidien ou de choses plus grandes, extérieures à lui-même. Les enfants vont donc avoir possibilité de fournir un panel d’écrits divers. On aura de la poésie, des récits, des histoires, des compte- rendus de lecture, des textes documentaires, des interviews de personnes… L’enfant peut choisir d’illustrer ses textes.

Toutes un panel de compétences est mise à disposition de ce texte. Ces textes vont apporter des connaissances nouvelles à la classe, mais aussi rendre compte des événements marquant de la vie de la classe. Les textes sont choisis par les autres, ainsi l’enfant mis en avant est mis en valeur. Cela permet à l’enfant de créer et d’écrire avec joie, et d’écrire quelque chose qu’il intéresse. C’est fondamental pour apprendre avec plaisir.

Marine Baro

La correspondance

L’écriture aussi pour but de communiquer avec autrui. En plus du journal, il y a aussi la correspondance scolaire qui a une grande importance. A son époque, Freinet en profitait pour comparer la vie des écoles de ville et celle de campagne. L’envoi de colis ryhtme aussi une année en classe. On y mettra les productions d’élèves qui souhaitent les envoyer à leurs correspondants, des spécialités locales ou des trésors ramassés dans la nature.

La coopération entre pairs

Une classe Freinet est aussi une classe coopérative. La communication se fera également à l’intérieur de la classe avec différents supports, comme une boîte à questions où les enfants glissent des bouts de papiers où ils ont écrit des questions sur leur travail ou une proposition d’activité à faire. Il y a le journal mural qui est une espèce de cahier de doléances dont les objets seront étudiées en conseil de classe.

Ce dernier est un pilier de la classe Freinet. Ces classes ont d’ailleurs toutes une coopérative tenue par les élèves. Elle a un président, un secrétaire est un trésorier. Les enfants gèrent leur budget lors du conseil. Ce dernier sert aussi à gèrer la vie de la classe.Il se tient hebdomadairement. On prend le journal mural où chacun a écrit ses souhaits, ses critiques ou ses félicitations et les enfants en discutent entre eux.

Le conseil sert aussi à planifier la semaine suivante au niveau du travail, du budget et de la répartition des tâches. Les élèves ont donc une vision globale de là où ils en sont et où ils vont, tout en ayant des responsabilités de gestion du budget et d’administration des tâches.

La pédagogie Freinet met l’enfant dans un rôle de personne responsable. Elle prépare les citoyens de demain. C’est par la coopération et la démocratie que les enfants apprennent à se prendre en main. Elle montre aussi ce qu’est un travail en groupe et le pouvoir décisionnel de ce dernier. Pourtant, l’enfant reste libre de ce groupe, car il peut créer lui-même quelque chose comme les textes, il fait des apports personnels à la dynamique de la classe.

L’école libre Freinet à Vence (Alpes-Maritimes, France). En 1953. Georges Dudognon / adoc-photos

L’importance du matériel

Il travaille aussi pour lui-même grâce aux fichiers auto-correctifs mis à disposition par l’enseignant. Il respecte ainsi son propre rythme d’apprentissage. On verra bien sûr à mettre à disposition des enfants tout le matériel nécessaire à la réalisation de leurs recherches. Là aussi, chez Freinet, le matériel a son importance. À l’époque, il y avait une imprimerie dans la classe. Aujourd’hui, on va plutôt utiliser l’ordinateur. Le journal est construit comme un vrai journal avec son comité de rédaction, les enfants donnent leur avis, on débat de qui va être publié, des textes à retravailler. Peut-être qu’aujourd’hui, cela prendra peut-être la forme d’un blog. Dans les classes Freinet, il a aussi des enregistrements sonores et les enfants font des films? Dans certaines écoles, il y a aussi une radio locale.

Ces outils servent à ouvrir l’enfant sur le monde extérieur et lui donnent aussi la possibilité de peaufiner son travail car il va être diffusé. On a donc comme outil le texte libre, l’imprimerie et le journal et comme chez Charlotte Mason, il n’y a pas de manuels scolaires. On est sur du vivant ouvert sur le monde extérieur. Il faudra donc veiller à apporter énormément de matériel, et que l’enfant évolue dans un milieu riche que ce soit en outil ou en personnes ressources.

Une pédagogie ouverte sur le monde

Les classes Freinet ne sont pas enfermées. Célestin Freinet était un enfant de la campagne et il enseignait à la campagne. A cause de ses problèmes de santé, il faisait une grande balade quotidienne avec ses classes. Ces promenades laissaient libre cours à l’observation de la nature et à la collecte d’objets qui allaient être étudié en classe. Cette promenade avait lieu au début de l’après-midi. Les enfants parcouraient d’abord le village, regardaient les artisans puis allaient dans les champs.

C’était aussi donc une balade qui permettait de prendre l’air, de faire l’exercice physique puis de l’observation et de la collecte. La nature est très importante pour Freinet. Il a d’ailleurs beaucoup parlé de “méthode naturelle” lorsqu’il expliquait sa façon d’enseigner. Pour lui, c’était se connecter à la vie concrète. Les mathématiques s’apprennent en vendant les journaux, en utilisant des objets pour mesurer la taille des nichoirs à oiseaux. Le français s’apprend en écrivant des textes, en les corrigeant et les rendant lisibles pour un tiers. L’ouverture sur le monde se fait en discutant avec les personnes qui travaillent au village ou un étranger de passage. L’échange se fait très oralement mais la restitution pourra se faire par écrit avec un article ou un exposé.

Ecole Freinet – Vence (A.-M.) – Au four, le partage du pain. 1935. / ICEM

La méthode naturelle

Freinet, lui aussi, a constaté qu’un enfant apprend à parler en observant et en écoutant les autres, il apprend à marcher de la même manière,il va donc apprendre à lire et à écrire tout pareillement. Personne ne peut forcer l’enfant ni le faire à sa place. Le tâtonnement expérimental propre aux acquisitions des premières compétences de l’enfant peut s’appliquer à la lecture et à l’écriture. L’erreur est importante, elle est même un atout. C’est comme ça que l’enfant va chercher à produire ses propres textes.

Chez Freinet, pas d’étude de la langue traditionnelle. Il a d’ailleurs fait un manuel de grammaire de quatre pages. C’est dire qu’il pensait que ce n’était pas très important. On retravaille les textes ensemble sans forcément mettre tout le jargon qui’il y a derrière. C’est en faisant des hypothèses et en les partageant avec ses camarades qu’il finit par se corriger de manière orthographique. L’enfant est acteur de ses apprentissages, c’est lui qui dirige et qui pilote. Il ne va pas chercher à reproduire ce que les autres font, il va s’en inspirer pour nourrir ses propres créations. Il convient d’éviter de le braquer, de dire simplement qu’il s’est trompé et on discute ensemble. En pédagogie Freinet, l’enfant est aussi amené à s’autogérer pour ses apprentissages. Il y a le plan de travail individuel où l’enfant va noter ses objectifs de la journée ou de la semaine puis validé ses avancées au bout de la journée ou de la semaine.

Et pour l’instruction en famille ?

Tout comme la pédagogie Montessori, ou Waldorf-Steiner, la pédagogie Freinet est pensée pour une classe.

Cependant, cela n’empêche pas de s’en inspirer grandement et de l’appliquer à la maison. Le plan de travail, par exemple, est tout à fait utilisable en instruction en famille. Cela permet à tous d’avoir une visibilité de l’avancée des apprentissages. Le conseil de classe peut devenir un conseil de famille. On pourra donc utiliser le journal mural pour que chacun puisse venir y déposer ses remarques.

Évidemment, tout ce qui est texte libre est complètement faisable en IEF. De plus, si on a plusieurs enfants, c’est encore mieux. Le public ciblé des écrits sera la famille, les grands-parents, les cousins, etc. Les sorties natures, la collecte d’objets et d’informations est aussi facilement transposable en IEF. Freinet s’adapte parfaitement à des apprentissages informels.

Bibliographie, sitographie

Le site de l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne.

Site Amis de Freinet.

Film L’école buissonière (1949) dont le résumé est disponible dans la BT 100.

Pour l’école du peuple, Célestin Freinet (analyse sur le blog de Bernard Appy)

La méthode naturelle, Célestin Freinet.

Dessins et peintures d’enfants, Élise Freinet.

La pédagogie Freinet : concepts, valeurs, pratiques de classe, Nadine Glauque, Chantal Tièche Christinat. (article à lire sur Apprendre à éduquer)

Les pédagogies Freinet: Origines, concepts et outils pour tous, Isabelle Quimbetz, Isabelle Huchard, Bernadette Guienne, Bruce Demaugé-Bost, Sylvain Connac.

Entrer en pédagogie Freinet, Catherine Chabrun.

Le grand guide des pédagogies alternatives, Madeleine Deny, Anne-Cécile Pigache

Activité de chasse aux mots chez Activités maison.

Mettre en place la pédagogie Freinet en IEF pour un enfant de maternelle chez L’Atelier des enfants libres.

Partadocs, un blog collaboratif qui s’inspire du journal Freinet

Petite abécédaire de l’école, Site d’une classe de cycle 3 s’inspirant de la pédagogie Freinet.

Le blog de Marine Baro, institutrice en classe Freinet.

École Primaire Élise et Célestin Freinet.

La pédagogie Montessori

Par Inconnu — Nationaal Archief, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46670977

Maria Montessori.

Un nom qui revient souvent quand on s’intéresse un petit peu à la pédagogie et à l’instruction en famille.

Montessori, on pense souvent au matériel, mais c’est aussi une philosophie.

Montessori, c’est très prisé par les parents qui instruisent en famille.

Revenons un peu sur cette méthode éducative et surtout sur celle qui l’a élaborée.

La vie de Maria Montessori

Les études

Maria Montessori est née en 1870 en Italie. C’est la fille unique d’une famille bourgeoise. Le père est militaire, il entrevoit une carrière d’enseignante pour sa fille. Cependant, Maria préférere embrasser la médecine. Malgré l’époque, elle sera la première femme médecin psychiatre d’Italie. Elle s’intéresse très rapidement aux enfants que l’on dit attardés. C’est d’ailleurs le thème de sa thèse de doctorat.

Grâce à ses observations scientifiques, elle comprend que ces enfants ont plus à gagner grâce à une aide éducative que médicale. C’est là qu’elle commence à développer quelques une de ses premières méthodes. Ainsi, ces enfants longtemps considérés comme incapables d’apprendre quoi que ce soit, apprennent à lire et et même réussissent à rattraper le niveau des écoliers de l’époque.

C’est ainsi qu’à 25 ans, son expertise dans les maladies mentales infantiles est reconnue.

La genèse de la pédagogie Montessori

Alors qu’elle était professeur d’anthropologie pédagogique à l’université de Rome, on lui propose un projet concernant l’un des quartiers les plus pauvres de la capitale.

En effet, beaucoup d’enfants traînent dans les rues et cela crée du désordre. En 1907, s’ouvre la casa dei bambini c’est-à-dire “la maison des enfants”. Elle accueille des enfants d’intelligence normale mais qui sont rebelles. C’est là que Maria Montessori élabore le matériel spécifique et les aménagements qu’on lui connaît.

La méthode Montessori s’exporte

En 1909, elle publie le premier ouvrage de sa pédagogie scientifique. Cela fait des émules dans le monde entier notamment en Europe, en Inde et aux États-Unis. Il s’ouvre des écoles dès 1911. . L’année suivante, Maria démissionne de son poste universitaire, ferme son cabinet de médecin et se consacre à la formation d’éducateurs ainsi qu’à la promotion de sa méthode dans le monde entier.

Elle écrit de nombreux livres afin d’ expliquer toute sa philosophie est afin que sa méthode soit respectée à la lettre. Elle fera ainsi plusieurs fois le tour du monde et dans la création d’école formant des éducateurs faisant des conférences. Fuyant le fascisme de Mussolini,  Elle vivra la période de la Seconde Guerre Mondiale en Inde, où elle écrira un de ses livres les plus connus, L’esprit absorbant de l’enfant et commencera à s’intéresser aux très jeunes enfants. Peu de temps avant son décès en 1952, à l’âge de 81 ans, elle retourne en Europe et s’installe aux Pays-Bas. 

L’héritage Montessori

L’héritage de Maria Montessori est assez important. C’est l’Association Montessori Internationale (AMI) qu’elle a créée en 1929 et puis reprise par son fils et ses petites filles qui assure le respect de sa philosophie. Maria Montessori voulait vraiment que l’éducation soit une éducation à la paix. Elle a d’ailleurs été nominée deux fois pour le prix Nobel de la paix.

Qu’est-ce que la pédagogie Montessori ?

Photograph: Popperfoto/Getty Image

Malheureusement beaucoup la réduisent à du matériel. Mais c’est plus que ça.

L’esprit absorbant

Maria Montessori repose beaucoup son argumentaire sur ce qu’elle a appelé l’esprit absorbant de l’enfant et les périodes sensibles de ce dernier. C’est assez difficile de résumer dans un article toutes les subtilités de cette pédagogie scientifique. Si vraiment vous êtes très intéressés, je vous invite fortement à lire les ouvrages de Maria Montessori, même si le style est un peu vieillot est très emprunt de religion car Maria Montessori était très pratiquante.

Donc avant de passer à vraiment ce qui est le plus connu, penchons-nous sur ce que Maria Montessori a extrait de son analyse du développement de l’enfant. Ce qu’elle appelle l’esprit absorbant. Pour elle, l’enfant n’a pas besoin de leçons, ni de cours pour apprendre à parler. Ça veut dire qu’il écoute, qu’il absorbe tout seul en s’imprégnant de ce qui se passe autour de lui, de l’adulte qui parle, des autres enfants qui parlent. Il absorbe tout de manière inconsciente, et finalement quand il se sent prêt, il montre ses capacités. D’abord mécanisme inconscient, cela devient de plus en plus conscient.

Les périodes sensibles

Dès la naissance jusqu’à à peu près deux ans, c’est la période sensible du mouvement. L’enfant a besoin de bouger, d’expérimenter avec son corps tout entier.

Entre un et trois ans, c’est la période sensible de l’ordre. L’enfant aime beaucoup ranger et on aidera en aménageant un environnement où chaque chose a une place afin que l’enfant puisse structurer cette période de l’ordre.

Entre deux et quatre ans, c’est la période sensible du langage. Après avoir beaucoup écouté et absorbé ce qu’il a entendu autour de lui, l’enfant commence à parler. C’est l’explosion du langage : il répète, il discute.

Le développement des sens intervient entre deux et six ans l’enfant va affiner ses perceptions : le chaud, le froid, les différentes sensations du toucher, le goût, l’ouïe.

Vient alors, en même temps, la période sensible la coordination des gestes, entre trois et quatre ans, où les premiers gestes graphiques et précis commencent à apparaître. L’enfant va dessiner il va vraiment devenir minutieux dans ses mouvements, avec des constructions,, des puzzles.

Enfin, dernière période sensible, entre quatre et huit ans, c’est la lecture.

Donc, contrairement à ce que on pense souvent le déroulé de l’apprentissage de l’enfant ne se fait pas de manière linéaire, on a un chevauchement des périodes sensibles. Même si l’enfant ne va pas forcément développer les deux périodes sensibles en même temps, elles vont se trouver dans ces âges-là, avec une prégnance plus ou moins forte pour une certaine période sensible avant de passer à une suivante ou revenir à la précédente. C’est assez complexe. 

L’ambiance

Au-delà du matériel, la pédagogie Montessori repose sur l’environnement où évolue l’enfant. C’est ce qu’on appelle l’ambiance, une atmosphère d’ordre et de calme. Deux éléments nécessaires pour le développement des enfants.

Mais qu’est-ce qu’un environnement Montessori ?

D’abord rien n’est laissé au hasard. Il faut viser au maximum l’autonomie des enfants. Tout ce qui pourrait être un obstacle à la réalisation de leur activité est éliminé.

La pièce ou l’endroit qui sert aux activités pratiques est en ordre, accessible claire et propre. Pas de couleur criarde ou de décoration. On pourra y mettre quelques plantes dont les enfants s’occuperont. Les meubles et les étagères sont adaptés à la taille des enfants. Chaque objet à une place.

Ainsi, les enfants peuvent se servir seul du matériel, un matériel en bon état, complet et beau. On chassera le plastique, car, pour Montessori, l’enfant doit être capable de comprendre que, si un objet tombe, il se casse. Il corrigera ainsi ses capacités motrices pour devenir maître de ses mouvements et ne pas casser ou renverser les choses. Le matériel est donc adapté aux petites mains des enfants. De même, les vêtements seront pratiques, il n’entraveront pas les mouvements de l’enfant.  Il peut déplacer de matériel et s’installer pour travailler où il veut. Un petit tapis pourra servir de zone de travail au sol. On mettra quand même l’accent sur le rangement.

La posture de l’adulte

« Apprends-moi à faire seul. » est une phrase qui peut largement résumer la philosophie Montessori. L’adulte ne donne généralement pas de consignes, il est silencieux et observateur. Seul les moments de démonstration le mettront dans une position d’enseignement. Il accompagne, il repère le meilleur moment où l’enfant va pouvoir acquérir de nouvelles compétences ou est dans une nouvelle période sensible. Il n’expose pas son savoir à l’enfant qui écoute sans rien faire ni intervenir. L’importance ici, c’est l’auto éducation. C’est assez délicat à réussir car cela nécessite une remise en question de sa conception du rôle de l’adulte.

Le matériel

Et donc, enfin, nous en venons au matériel. Un matériel très varié et nombreux. Montessori postule que les mains sont l’intelligence du corps. L’apprentissage se fait en manipulant. Que ce soit en français, en mathématiques, en sciences ou tout autre matière. D’abord, l’enfant doit manipuler avant de passer à l’abstrait.

Petit, il manipulera tout ce qu’il trouve dans la nature, il passe d’un objet un autre. Petit à petit, il se tournera vers le matériel mis à sa disposition pour d’autres apprentissages un peu plus abstrait. Le toucher, l’ouïe, l’odorat… pour apprivoiser les sens, il y a du matériel. L’enfant doit avoir le droit de répéter et répéter, encore et encore, ses manipulations jusqu’à ce qu’il réussisse. C’est grâce à cela que ses gestes sont précis et exacts.

Avant de commencer les apprentissages plus scolaires, il existe tout un domaine très important en pédagogie Montessori : la vie pratique. Ce domaine comprend tout ce qui est entretien, soin de soi, de l’environnement et du matériel. Laver, ranger, s’habiller, se coiffer, nettoyer… Les objets évidemment mis à sa disposition pour ce faire seront adaptés à ses mains de petite taille. On évitera aussi tous les objets factices pour équiper l’enfant en objets véritables, de vrais ciseaux, une vraie éponge, de la vaisselle qui casse…

Pour les apprentissages plus abstraits, on isole les caractéristiques. Le matériel est très simple, ce qui permet d’isoler chaque difficulté. On respecte ainsi le lent développement de l’enfant, on ne cherche pas aller plus vite que la musique. Il faut que l’enfant puisse observer, associer les idées avec ce qu’il connaît déjà. Ainsi, le matériel Montessori a plusieurs qualités. Une caractéristique à la fois, une seule variable change. C’est pour ça que ça permet l’autocorrection de l’enfant. De plus, il est beau et solide.

L’autonomie

L’autonomie, l’indépendance, tout cela est le but de la pédagogie Montessori. Les activités doivent être passionnantes, l’enfant doit être absorbé dans sa tâche. Il doit être aussi libre, ce qui génère une sorte d’autodiscipline. Apprendre devient une source de joie, car aucun obstacle ne se dresse sur le chemin de l’enfant. Son attention se pose sur ce qui correspond à ses goûts, ce qui fait que cela lui permet d’aller en profondeur. Et une fois qu’il aura maîtrisé ces choses là il pourra être curieux envers d’autres. La persévérance est la clé de la réussite. Mais cela n’est valable que s’il y a un processus exact à suivre. Il doit connaître comment la tâche se déroule pour pouvoir la réaliser autant de fois qu’il le désire sans avoir besoin de l’adulte.

Au début, ça peut être difficile, si un enfant n’a pas été habitué à cette liberté. Mais petit à petit, il finit par sélectionner ce qui l’intéresse, et à s’autodiscipliner. Il devient plus autonome dans ce cadre libre.

L’adulte sera donc quelqu’un qui accompagne, qui présentera le matériel au bon moment parce qu’il a observé l’enfant, il ne l’ interrompt pas dans ses explorations, il le laisse agir par lui-même, penser par lui-même. Il doit le laisser surmonter seuls ses difficultés. Et il ne félicitera, ni ne corrigera les erreurs. Il se réjouit avec l’enfant de son succès. 

Pour conclure

Maria Montessori apprenant à écrire à un jeune garçon, vers 1907. ULLSTEIN BILD / ROGER-VIOLLET

En résumé, la pédagogie Montessori est quand même quelque chose d’assez complexe. On oublie aussi souvent que c’est une pédagogie qui est adaptée à un groupe d’enfants. L’enfant va beaucoup apprendre de ses pairs. Cependant, elle est beaucoup pratiquée par des familles qui instruisent à la maison. Effectivement, c’est une pédagogique rigoureuse, scientifique, qui est fait vraiment sens pour l’enfant.

Mais il y a quand même des écueils dans lesquels il ne faut pas tomber. À savoir, privilégier le matériel plutôt que la philosophie. Montessori. C’est exigeant.

Cette pédagogie paraît simple car elle est très balisée par le matériel et il existe pléthore d’ouvrages sur le sujet. Cependant, elle peut mettre en difficulté. Déjà d’un point de vue financier, parce que le matériel est quand même assez conséquent, ce qui représente une somme d’argent non négligeable, si on veut tout acquérir. C’est difficile aussi, parce que la posture de l’adulte doit être à contre-courant de ce qu’on a souvent tendance à croire, c’est-à-dire que l’adulte sait mieux que l’enfant.

Après, rien empêche de s’inspirer de Montessori sans suivre tout à la lettre. Après tout, adapter le mobilier pour l’enfant est simple, l’encourager dans l’autonomie aussi. Pour les apprentissages de la vie pratique, il est assez facile de le faire avec ce qu’on a à la maison.

Le reste du matériel pour les apprentissages beaucoup plus scolaires est de plus en plus simple à trouver de nos jours, car Montessori est un peu devenu un business juteux.

Après, si plusieurs familles autour de vous sont intéressées par cette pédagogie, pourquoi pas ne pas mutualiser le matériel, acheter d’occasion etc. etc.

On peut voir, ça et là, des parents qui, dès que l’enfant trois ou quatre ans, enseignent déjà à leurs enfants la lecture avec le matériel Montessori. Cela donne l’impression que c’est le sacré Graal pour réussir à apprendre à lire le plus tôt possible. Si on lit les ouvrages de la pédagogue italienne, ce n’est pas ce qu’elle préconise. Ce qu’on comprend, c’est que les enfants arrivent à lire au moment où ils se sentent capables et prêts. Cela peut-être quatre ans, cela peut-être un peu plus tard.

On associe à Montessori une idée d’excellence. Mais je pense que c’est surtout parce que c’est très rigoureux ,et que quand on l’applique vraiment, oui, on peut obtenir de très bons résultats très rapidement. Mais il ne faut pas que ce soit une course au matériel, à la performance. Sinon, on oublie l’essence même de ce que Maria Montessori a voulu mettre en place, qui est une éducation pour les enfants et une éducation pour la paix. 

Pour aller plus loin

Quelques ouvrages de Maria Montessori

L’enfant. Un ouvrage pilier de la philosophie Montessori.

L’esprit absorbant de l’enfant. Plus technique, il expose toute la théorie de Maria Montessori sur le fonctionnement de l’apprentissage chez l’enfant.

La pédagogie scientifique. Ouvrage en trois tomes, plutôt technique, qui expose tout son matériel.

Le manuel pratique de la Méthode Montessori. Plus simple à lire que le précédent. Maria l’a écrit à destination des familles. Elle y résume de manière pratico-pratique sa pédagogie. Très utile pour mettre en place à la maison.

Sites internet et blogs

L’école des Amours. Une famille québéquoise qui instruit en famille avec Montessori.

Montessori, mais pas que ! Blog d’une maman française instruisant ses trois enfants avec Montessori.

Ecole et cabrioles. Blog français qui n’est plus mis à jour, mais qui est très riche en informations et matériel à imprimer.

How we Montessori. Blog d’une maman australienne qui applique Montessori au quotidien. Ses enfants sont en école Montessori.

Instruire sans cours par correspondance

Instruire en famille n’oblige pas à faire appel à des cours par correspondance. Il est possible de faire sans. Les possibilités sont multiples. Cet article va tenter de faire un peu le tour de ce qui est possible.

Instruction formelle

C’est ce qui va se rapprocher le plus de des cours par correspondance. La différence est que la préparation, la correction et le suivi repose intégralement sur les épaules de l’instructeur : parent ou personne désignée pour cette tâche.

Là, il va falloir éplucher les programmes, se donner des objectifs. On va pouvoir s’appuyer sur des manuels, des sites d’enseignants ou d’autres parents instructeurs qui partagent leurs ressources. La variété des supports peut effrayer.

Chez les parents qui choisissent d’instruire de façon formelle, on retrouve une organisation assez structurée, avec souvent une programmation annuelle, des objectifs temporels, un emploi du temps. Le découpage des apprentissages est semblable à l’école, que ce soit en termes d’objectifs qu’en terme d’organisation temporelle des journées : on va retrouver un temps pour les mathématiques, un temps pour le français, etc.

Évidemment, on va avoir aussi quelques petites variations, certains vont s’appuyer sur les manuels uniquement, d’autres vont suivre une pédagogie particulière, comme celle de Maria Montessori,dont je parlerai dans un prochain article, d’autres encore vont aller sur une approche plus ludique. Le point commun étant que les apprentissages sont globalement menés par l’adulte en suivant une programmation.

L’instruction formelle demande un certain investissement de la part du parent instructeur et beaucoup de travail en amont. Sélectionner les manuels, adapter la programmation à ses enfants… Si on veut suivre une pédagogie particulière, il va falloir se renseigner sur cette dernière, acquérir et mettre en place le matériel nécessaire, adapter les apprentissages aux exigences du programme français ou du pays selon le curriculum choisi.

Apprentissages informels

On les oppose souvent au apprentissages formels, mais cela peut être un complément comme une manière d’enseigner à part entière.

Concrètement, les apprentissages informels peuvent prendre différentes formes. On peut avoir une approche en pédagogie de projet : fabriquer une mangeoire à oiseau permet de découvrir des notions de géométrie et de technologie. Une visite au musée donnera lieu à faire du français grâce à la rédaction d’un compte-rendu de la visite. Selon le type de musée, on abordera telle ou telle matière. Prendre des photos permet de valider des acquis en technologie. Si le compte-rendu est tapé à l’ordinateur, on valide d’autres acquis en Techniques de l’Information et de la Communication. Faire un gâteau va permettre des apprentissages en mathématiques, dont on peut garder une trace quelque part.

En résumé, on part de ce que l’enfant vit, de ce qui l’intéresse et on y greffe des notions des programmes tout en gardant une trace des projets et réalisations. Pas d’exercices dans un manuel, mais des livrets réalisés par l’enfant ou l’adulte, ou des photos qui servent à valider les acquis.

Les apprentissages autonomes ou unschooling

Le Unschooling est un terme anglais qu’on oppose souvent au Homeschooling. On peut traduire cela par “apprentissages autonomes”. Pas d’imposition par l’adulte, pas de récupération pédagogique des projets de l’enfant. Ce dernier est libre d’apprendre et il le fait par lui-même. C’est une extension des apprentissages premiers de l’enfant où on considère que, comme l’enfant a appris à parler sans qu’on lui fasse de cours, il peut très bien apprendre à écrire et à lire de la même façon et aussi apprendre tout court sans recevoir aucun cours qu’il soit formel ou informel. 

On retrouve une explication très complète de cette façon d’apprendre chez John Holt dans son ouvrage Les apprentissages autonomes.

Un article complet sur l’unschooling sera publié bientôt, parce que c’est vraiment une façon de vivre à part entière, qui est souvent assez peu comprise et difficile à appréhender. Je vais me contenter d’en brosser rapidement les lignes ici. Pour résumer grossièrement, c’est vivre et laisser vivre, mais sans laisser l’enfant livré à lui-même, il s’agira aussi toujours d’accompagner l’enfant dans ses apprentissages, même s’ils ne portent pas forcément ce nom là, car il n’y a aucune formalisation ni aucune récupération informelle. Ce n’est pas non plus complètement une liberté sauvage. Comme le disait Alexander S. Neill : la liberté, pas la permissivité. C’est assez complexe.

 Pour aller plus loin :

Une petite bibliographie :

Sur l’instruction en famille, des pistes pour se lancer :

Sur les apprentissages autonomes :

Choisir un cours par correspondance

Parmi les options possibles pour instruire en famille, il y a celle des cours par correspondance, qu’on appelle dans le jargon des CPC.

Avantages des CPC

Les cours par correspondance (CPC), ça permet déjà de ne pas se prendre la tête quand à la programmation des matières. C’est du clé en main, on reçoit ses petits cours correspondant à l’année souscrite et c’est parti pour travailler dans la joie et la bonne humeur. Pas de stress donc quand à l’adéquation entre ce que vous faites et les programmes de l’Éducation Nationale.

Évidemment, il y a le suivi derrière. La plupart des CPC proposent la mise en relation avec un enseignant qui vous aidera face aux difficultés potentielles de vos enfants. Il y a aussi la correction des devoirs. C’est un service fait par des professionnels, ce qui peut soulager pas mal si on ne sent pas l’étoffe d’un prof.

Choisir un CPC, c’est être rassuré sur la teneur des cours et le suivi. Un gros poids de moins à gérer.

Inconvénients des CPC

Tout n’est pas idéal quand on choisit les cours par correspondance. Déjà, c’est une solution qui peut être coûteuse, très coûteuse. Il faut assurer le budget : Une année de cours primaire Hattemer coûte entre 1300 et 1500 €, chez Saint-Anne, le cours de CP coûte 800€ et celui de CM2 1200€, les cours Griffon 600€ pour une année de primaire…

Et qui dit tarifs différents, dit qualité de cours variable ou suivis différents. Certains cours vont se contenter de vous envoyer les cours et de corriger les devoirs sans un réel suivi, d’autres vont faire dans le sur-mesure avec professeur dédié qui peut suivre l’enfant, voire la famille sur plusieurs années.

Il y a également la pression des devoirs à rendre. Selon le CPC, la date de rendu sera plus ou moins souple. Et le rendu des devoirs corrigés sera plus ou moins long. Le nombre de devoirs à rendre varie selon le CPC, certains en demanderont 16 par an, d’autres 9…

Les supports aussi peuvent être peu attractifs. Le CNED a longtemps été critiqué pour ses cours denses et peu attrayants. Vous n’avez pas le choix du support, mais cela n’empêche pas d’agrémenter ou de compléter.

Certains trouveront que ces inconvénients n’en sont pas vraiment, compte tenu du fait que ce soit une formule payante, mais je pense que c’est quelque chose à prendre en compte quand on envisage de souscrire à ce type de service.

Quels cours par correspondance existe-t-il ?

Des CPC, il y en a à la pelle. Et ça peut vite devenir étourdissant quand on cherche LE cours idéal. Voici une petite liste (non exhaustive) des CPC qui sont trouvables. Attention, je vais parler des CPC qui donnent des cours collant aux programmes de l’éducation nationale française, ou en tout cas qui sont francophones. Je sais que beaucoup de parents font l’enseignement dans la langue maternelle et suivent le curriculum français en vue d’un retour au pays.

Cette liste n’est pas exhaustive et les commentaires écrits sont une compilation d’informations que j’ai trouvées sur Internet.

Centre National d’Enseignement à Distance

Le CNED est le premier organisme qui est cité quand on parle de cours par correspondance.

C’est aussi le plus décrié. Les cours sont opaques, pas actualisés, peu attractifs, le suivi est variable… Cependant, il semblerait que ces dernières années voient un renouveau dans cette institution un peu poussiéreuse.

Hattemer Academy

Les cours Hattemer sont très chers.

Ce sont aussi les plus rigoureux. Le niveau est élevé, on peut estimer une avance d’un ou deux ans par rapport aux programmes français. Les cours sont assez austères d’après certains témoignages. Les notions sont abordées très progressivement avec une méthode répétitive. On reproche à ces cours de n’être qu’une succession de devoirs à rendre. Le rythme est en effet très soutenu.

Les enseignants sont très réactifs et à l’écoute.

Un avis sur les cours Hattemer (niveau 6ème) ici.

Saint-Anne

Les cours ne vont que jusqu’à la 5ème. Il y a un correcteur dédié pour l’enfant sauf en 5ème où on retrouve le système “un enseignant, une matière”. Ce sont des cours que certains qualifient de “vieille école”. Il y a également un enseignement religieux.

Le niveau est élevé et les enseignants sont exigeants. Le rythme est soutenu, un devoir à rendre par semaine. Les cours sont très répétitifs, il peut y avoir une saturation si on fait plusieurs années chez eux.

Les cours Saint-Anne proposent un parcours complet, partiel et une remise à niveau. Les fascicules sont envoyés par la poste, il y a aussi des documents numériques. L’enfant doit maîtriser le français.

Lire un comparatif entre Ker Lann et Saint-Anne.

Cours Pi

Les cours Pi sont appréciés pour leurs supports colorés. L’équipe enseignante est à l’écoute et est assez réactive. Ils appellent parfois longuement pour faire le point, encourager l’enfant.

Ils possèdent un enseignant spécialisé pour enfants en difficultés ou avec handicap. Ainsi, il y a des aménagements possibles pour les enfants à besoins particuliers.

Certains reprochent le manque d’approfondissement de nombreuses notions et la répétitivité de certaines leçons.

Il n’y a pas d’exigence pour le rendu des devoirs. Un enfant peut très bien dépasser l’année pour finir le niveau, cela ne pose pas problème.

Sacré Coeur

Les leçons sont assez sèches. Il y a énormément de par coeur. Certains disent que le français est une suite d’exercices et les maths assez légers. Il y a beaucoup d’autocorrections.

Les évaluations sont faites par Skype, elles sont assez courtes.

Ils ont une vision catholique de l’enseignement, ce qui fait qu’ils n’enseignent pas la théorie de l’évolution au lycée, par exemple, ou qu’en CP, ils étudient les rois de France très en détail.

Le suivi se fait par le biais d’un logiciel. Il est possible de rapidement développer l’autonomie des enfants dans la gestion de leur travail.

Ker Lann

Ker Lann est une petite structure. Leurs cours sont assez classiques avec des leçons à recopier et du par coeur. Il semble y avoir beaucoup de choses à imprimer.

Le rythme est hebdomadaire avec des devoirs à rendre chaque semaine. La correction, par contre, dépend de la vitesse du correcteur. Par contre les devoirs pour valider l’année ne sont qu’au nombre de 8.

Les avis sont très partagés sur Ker Lann, les cours auraient de nombreuses erreurs qui ne sont pas toujours corrigées.

Ceux qui apprécient Ker Lann aiment la modularité. On peut aller au rythme de l’enfant très facilement, les enseignants adaptent en fonction.

Lire un avis sur ces cours.

Cours Griffon

Cours de soutien en ligne à la base, les cours Griffon ont ouvert il y a peu les cours par correspondance niveau primaire.

Il semblerait y avoir beaucoup d’écrit et de par coeur en français et matières de découverte du monde. Les mathématiques ont l’air d’être plus légers.

Cours Académiques de France

Les avis sont partagés sur ce cours. Certains sont très satisfaits, les cours s’adressent à l’enfant, le niveau est correct. D’autres trouvent au contraire que le niveau baisse d’année en année. Il y a 18 séquences par matières. Le volume de devoirs à rendre est d’une dizaine.

Cours Legendre

Ce n’est pas un cours très plébiscité. Apparemment, le rendu des devoirs est long. Certains reprochent le côté rébarbatif des cours. Le niveau est au-dessus de celui de l’Éducation Nationale.

CEFOP

Il s’agit d’un cours catholique. Il y a une trame à suivre, c’est très cadré. Les matières sont imposées chaque jour, le calendrier est assez intense.

Vous pouvez retrouver un descriptif complet de ces cours ici :

Je pense avoir fait le tout des principaux cours par correspondance français. Si jamais vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à le signaler qu’ils soient ajoutés !