Choisir un cours par correspondance

Parmi les options possibles pour instruire en famille, il y a celle des cours par correspondance, qu’on appelle dans le jargon des CPC.

Avantages des CPC

Les cours par correspondance (CPC), ça permet déjà de ne pas se prendre la tête quand à la programmation des matières. C’est du clé en main, on reçoit ses petits cours correspondant à l’année souscrite et c’est parti pour travailler dans la joie et la bonne humeur. Pas de stress donc quand à l’adéquation entre ce que vous faites et les programmes de l’Éducation Nationale.

Évidemment, il y a le suivi derrière. La plupart des CPC proposent la mise en relation avec un enseignant qui vous aidera face aux difficultés potentielles de vos enfants. Il y a aussi la correction des devoirs. C’est un service fait par des professionnels, ce qui peut soulager pas mal si on ne sent pas l’étoffe d’un prof.

Choisir un CPC, c’est être rassuré sur la teneur des cours et le suivi. Un gros poids de moins à gérer.

Inconvénients des CPC

Tout n’est pas idéal quand on choisit les cours par correspondance. Déjà, c’est une solution qui peut être coûteuse, très coûteuse. Il faut assurer le budget : Une année de cours primaire Hattemer coûte entre 1300 et 1500 €, chez Saint-Anne, le cours de CP coûte 800€ et celui de CM2 1200€, les cours Griffon 600€ pour une année de primaire…

Et qui dit tarifs différents, dit qualité de cours variable ou suivis différents. Certains cours vont se contenter de vous envoyer les cours et de corriger les devoirs sans un réel suivi, d’autres vont faire dans le sur-mesure avec professeur dédié qui peut suivre l’enfant, voire la famille sur plusieurs années.

Il y a également la pression des devoirs à rendre. Selon le CPC, la date de rendu sera plus ou moins souple. Et le rendu des devoirs corrigés sera plus ou moins long. Le nombre de devoirs à rendre varie selon le CPC, certains en demanderont 16 par an, d’autres 9…

Les supports aussi peuvent être peu attractifs. Le CNED a longtemps été critiqué pour ses cours denses et peu attrayants. Vous n’avez pas le choix du support, mais cela n’empêche pas d’agrémenter ou de compléter.

Certains trouveront que ces inconvénients n’en sont pas vraiment, compte tenu du fait que ce soit une formule payante, mais je pense que c’est quelque chose à prendre en compte quand on envisage de souscrire à ce type de service.

Quels cours par correspondance existe-t-il ?

Des CPC, il y en a à la pelle. Et ça peut vite devenir étourdissant quand on cherche LE cours idéal. Voici une petite liste (non exhaustive) des CPC qui sont trouvables. Attention, je vais parler des CPC qui donnent des cours collant aux programmes de l’éducation nationale française, ou en tout cas qui sont francophones. Je sais que beaucoup de parents font l’enseignement dans la langue maternelle et suivent le curriculum français en vue d’un retour au pays.

Cette liste n’est pas exhaustive et les commentaires écrits sont une compilation d’informations que j’ai trouvées sur Internet.

Centre National d’Enseignement à Distance

Le CNED est le premier organisme qui est cité quand on parle de cours par correspondance.

C’est aussi le plus décrié. Les cours sont opaques, pas actualisés, peu attractifs, le suivi est variable… Cependant, il semblerait que ces dernières années voient un renouveau dans cette institution un peu poussiéreuse.

Hattemer Academy

Les cours Hattemer sont très chers.

Ce sont aussi les plus rigoureux. Le niveau est élevé, on peut estimer une avance d’un ou deux ans par rapport aux programmes français. Les cours sont assez austères d’après certains témoignages. Les notions sont abordées très progressivement avec une méthode répétitive. On reproche à ces cours de n’être qu’une succession de devoirs à rendre. Le rythme est en effet très soutenu.

Les enseignants sont très réactifs et à l’écoute.

Un avis sur les cours Hattemer (niveau 6ème) ici.

Saint-Anne

Les cours ne vont que jusqu’à la 5ème. Il y a un correcteur dédié pour l’enfant sauf en 5ème où on retrouve le système “un enseignant, une matière”. Ce sont des cours que certains qualifient de “vieille école”. Il y a également un enseignement religieux.

Le niveau est élevé et les enseignants sont exigeants. Le rythme est soutenu, un devoir à rendre par semaine. Les cours sont très répétitifs, il peut y avoir une saturation si on fait plusieurs années chez eux.

Les cours Saint-Anne proposent un parcours complet, partiel et une remise à niveau. Les fascicules sont envoyés par la poste, il y a aussi des documents numériques. L’enfant doit maîtriser le français.

Lire un comparatif entre Ker Lann et Saint-Anne.

Cours Pi

Les cours Pi sont appréciés pour leurs supports colorés. L’équipe enseignante est à l’écoute et est assez réactive. Ils appellent parfois longuement pour faire le point, encourager l’enfant.

Ils possèdent un enseignant spécialisé pour enfants en difficultés ou avec handicap. Ainsi, il y a des aménagements possibles pour les enfants à besoins particuliers.

Certains reprochent le manque d’approfondissement de nombreuses notions et la répétitivité de certaines leçons.

Il n’y a pas d’exigence pour le rendu des devoirs. Un enfant peut très bien dépasser l’année pour finir le niveau, cela ne pose pas problème.

Sacré Coeur

Les leçons sont assez sèches. Il y a énormément de par coeur. Certains disent que le français est une suite d’exercices et les maths assez légers. Il y a beaucoup d’autocorrections.

Les évaluations sont faites par Skype, elles sont assez courtes.

Ils ont une vision catholique de l’enseignement, ce qui fait qu’ils n’enseignent pas la théorie de l’évolution au lycée, par exemple, ou qu’en CP, ils étudient les rois de France très en détail.

Le suivi se fait par le biais d’un logiciel. Il est possible de rapidement développer l’autonomie des enfants dans la gestion de leur travail.

Ker Lann

Ker Lann est une petite structure. Leurs cours sont assez classiques avec des leçons à recopier et du par coeur. Il semble y avoir beaucoup de choses à imprimer.

Le rythme est hebdomadaire avec des devoirs à rendre chaque semaine. La correction, par contre, dépend de la vitesse du correcteur. Par contre les devoirs pour valider l’année ne sont qu’au nombre de 8.

Les avis sont très partagés sur Ker Lann, les cours auraient de nombreuses erreurs qui ne sont pas toujours corrigées.

Ceux qui apprécient Ker Lann aiment la modularité. On peut aller au rythme de l’enfant très facilement, les enseignants adaptent en fonction.

Lire un avis sur ces cours.

Cours Griffon

Cours de soutien en ligne à la base, les cours Griffon ont ouvert il y a peu les cours par correspondance niveau primaire.

Il semblerait y avoir beaucoup d’écrit et de par coeur en français et matières de découverte du monde. Les mathématiques ont l’air d’être plus légers.

Cours Académiques de France

Les avis sont partagés sur ce cours. Certains sont très satisfaits, les cours s’adressent à l’enfant, le niveau est correct. D’autres trouvent au contraire que le niveau baisse d’année en année. Il y a 18 séquences par matières. Le volume de devoirs à rendre est d’une dizaine.

Cours Legendre

Ce n’est pas un cours très plébiscité. Apparemment, le rendu des devoirs est long. Certains reprochent le côté rébarbatif des cours. Le niveau est au-dessus de celui de l’Éducation Nationale.

CEFOP

Il s’agit d’un cours catholique. Il y a une trame à suivre, c’est très cadré. Les matières sont imposées chaque jour, le calendrier est assez intense.

Vous pouvez retrouver un descriptif complet de ces cours ici :

Je pense avoir fait le tout des principaux cours par correspondance français. Si jamais vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à le signaler qu’ils soient ajoutés !

Se lancer dans l’IEF

Ca y est, vous êtes décidés, vous allez vous expatrier dans un nouveau pays qu’il est beau, c’est vraiment chouette de commencer une nouvelle vie. A toutes les questions administratives qui se présentent, celle de la scolarisation de vos enfants arrive vite.

Si vous êtes déjà sur place au moment d’avoir vos enfants, vient l’âge de la scolarisation et une question se présente concernant cette étape importante.

Quelque soit votre cas, elle est là.

École locale ou école française ?

Et si tout simplement, vous décidiez de faire autrement ?

Être en règle avec la loi

La première chose à faire est de vérifier la légalité de l’instruction en famille dans le pays de résidence. Vous pouvez évidemment trouver des informations ici, sur Expatr’IEF, mais tous les pays ne sont pas encore entrés dans le site.

Une source d’information fiable est le texte de loi qui régit l’éducation du pays. On peut en trouver sur le site de l’UNESCO. Pour un grand nombre de pays, l’information est simple à trouver.

Si l’IEF est légale, youpi, c’est chouette. Il ne reste plus qu’à suivre les directives données par les autorités locales, déclarer tout ça proprement si c’est obligatoire, et c’est parti pour l’aventure !

Si l’IEF n’est pas légale, tant pis. Je ne suis pas partisane du “on s’en fiche, on est Français, on fait ce qu’on veut.” Être résident d’un pays, c’est respecter les règles du pays. Pour avoir habité en Allemagne et avoir vu ce que risquaient les familles qui ne scolarisaient pas malgré tout, ça refroidit. Être expatrié n’est pas forcément simple, c’est déjà assez bouleversant pour ne pas en plus avoir des ennuis avec la justice du pays d’accueil.

Dans le cas où le statut n’est pas clair, c’est un peu la loterie. Soit on vous fichera la paix parce que vous n’êtes pas du pays, soit on vous aura à l’œil. A vous de voir si vous vous sentez d’attaque pour gérer ce stress supplémentaire.

Je le rappelle encore mais, une fois que vous êtes résidents dans un pays étranger, vous n’avez plus de compte à rendre à la France ! La scolarité de vos enfants ne la concerne pas/plus !

L’IEF, en pratique, on fait quoi ?

Si la loi sur l’éducation impose un curriculum et un suivi régulier des enfants instruits en famille, il va falloir suivre les directives. A vous de regarder le curriculum local. Après, vous pouvez faire appel à des professeurs particuliers, des cours par correspondance, des ateliers…

Si rien n’est imposé, c’est à vous de voir ! Curriculum local ? Éducation à la française ? Unschooling ? Il y a tant de possibilités !

Si vous voulez être classique et suivre les programmes soit du pays d’accueil, soit de la France, il va falloir se renseigner sur ces derniers. Vous mettez ensuite en place vos plages de travail et, soit vous faites tout vous-même, soit vous investissez dans des cours par correspondance. Votre enfant pourra passer les examens français (baccalauréat) en candidat libre dans un centre d’examen français s’il en existe dans votre pays de résidence.

L’avantage de la liberté, c’est de pouvoir aussi s’inspirer de façon de faire différentes et là, c’est tout un monde qui s’offre à vous : Montessori, Steiner/Waldorf, Freinet, Decroly, Froëbel, Reggio…. Si la pédagogie vous intéresse, alors vous aurez de quoi nourrir cet intérêt. Si c’est du Chinois, alors vous pouvez faire une recherche sur ces noms, en attendant que je vous en parle un peu plus ici dans des articles dédiés. Il y aussi de très bons blogs qui en parleront mieux que moi !

En dernière possibilité, il y a celle de ne pas du tout faire de curriculum. C’est l’unschooling. On suit les centres d’intérêt de l’enfant, on n’impose pas les choses, on ne formalise pas tout ce qui attise sa curiosité, bref, la liberté totale. Attention, ce n’est pas non plus laisser tout faire et ne rien faire du tout. C’est un mode de vie tout entier, qui peut surprendre et déstabiliser. J’en reparlerais aussi dans un billet dédié.

Et la sociabilisation ?

Sujet très sensible ! Mais instruire en famille ne veut pas dire rester enfermés chez soi, dans sa bulle franco-française. Si l’IEF est répandu dans votre pays d’accueil, il y a de grandes chances qu’un groupe de non-scolarisés existe près de chez vous. N’hésitez pas à rencontrer d’autres familles comme vous ! Ça vous fera un réseau de connaissances proche, permettra votre pratique de la langue et vous pourrez parler de vos inquiétudes. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est une expérience enrichissante !

S’il y a peu d’activités locales ou pas de groupe, pourquoi ne pas créer un réseau dans votre coin ? Ça demande de l’énergie, certes, mais c’est aussi une expérience qui peut être valorisante, surtout si on est le conjoint suiveur qui a tout arrêté pour s’expatrier. La solitude, c’est terrible quand on change de pays. Qui sait, peut-être vous découvrirez-vous de nouvelles compétences et qualités ?

Voilà ! Vous avez quelques billes pour vous lancer en IEF. A vous de jouer, maintenant !