Cameroun

Il est important de noter que le Cameroun est séparé en deux systèmes éducatifs : le modèle français à l’est et le modèle britannique à l’ouest.

La loi sur l’éducation date de 1998. Dans cette loi, il y est dit que l’enseignement est obligatoire et que “L’État assure à l’enfant le droit à l’éducation”. (Article 6).
De ce fait, on pourrait penser que l’Instruction en Famille y est donc interdite.

Cependant, si on regarde l’article 23, on peut y lire : “(1) L’enseignement est dispensé dans les établissements scolaires ci-après : les écoles maternelles; les écoles primaires; les collèges et les lycées d’enseignement général; les collèges et les lycées d’enseignement technique ou professionnel; les écoles post-primaires; les écoles normales d’instituteurs de l’enseignement général et technique.(2) Il peut également être assuré par un système d’enseignement à distance.”

Cette dernière phrase est intéressante, car elle peut signifier que l’IEF est autorisée sous condition de prendre des cours par correspondance.

Cependant, malgré la loi, tous les enfants du Cameroun ne sont pas scolarisés. En 2011, seuls 64% des enfants étaient scolarisés (source UNDP). Aller à l’école coûte très cher (même s’il ne faut payer que l’uniforme et les livres), ce qui fait que la plupart des familles n’ont pas les moyens. Les filles sont largement moins scolarisées que les garçons.

De ce fait, malgré la loi, l’Instruction en Famille peut être pratiquée de manière libre sans inquiétude.

La loi est consultable sur le site de l’UNESCO.

Algérie

Dans la loi sur l’éducation de 2008, il est dit que “l’enseignement est obligatoire pour les garçons et les filles de 6 à 16 ans” (Art.12).

Les modalités d’enseignement sont soit l’école publique ou l’école privée. La possibilité de l’Instruction en famille n’est mentionnée nulle part.

Cependant, toujours dans l’article 12, il est précisé que ” L’Etat veille, en collaboration avec les parents, à l’application de ces dispositions.Les manquements des parents ou des tuteurs légaux les exposent à une amende allant de cinq mille (5.000) à cinquante mille (50.000) dinars algériens.”

Ce qui laisse à penser que l’IEF serait illégale.

Cependant, il semblerait, d’après des témoignages que des familles passeraient outre la loi sans être inquiétées.

Vous pouvez lire la loi de l’éducation 2008 sur le site de l’UNESCO.

Se lancer dans l’IEF

Ca y est, vous êtes décidés, vous allez vous expatrier dans un nouveau pays qu’il est beau, c’est vraiment chouette de commencer une nouvelle vie. A toutes les questions administratives qui se présentent, celle de la scolarisation de vos enfants arrive vite.

Si vous êtes déjà sur place au moment d’avoir vos enfants, vient l’âge de la scolarisation et une question se présente concernant cette étape importante.

Quelque soit votre cas, elle est là.

École locale ou école française ?

Et si tout simplement, vous décidiez de faire autrement ?

Être en règle avec la loi

La première chose à faire est de vérifier la légalité de l’instruction en famille dans le pays de résidence. Vous pouvez évidemment trouver des informations ici, sur Expatr’IEF, mais tous les pays ne sont pas encore entrés dans le site.

Une source d’information fiable est le texte de loi qui régit l’éducation du pays. On peut en trouver sur le site de l’UNESCO. Pour un grand nombre de pays, l’information est simple à trouver.

Si l’IEF est légale, youpi, c’est chouette. Il ne reste plus qu’à suivre les directives données par les autorités locales, déclarer tout ça proprement si c’est obligatoire, et c’est parti pour l’aventure !

Si l’IEF n’est pas légale, tant pis. Je ne suis pas partisane du “on s’en fiche, on est Français, on fait ce qu’on veut.” Être résident d’un pays, c’est respecter les règles du pays. Pour avoir habité en Allemagne et avoir vu ce que risquaient les familles qui ne scolarisaient pas malgré tout, ça refroidit. Être expatrié n’est pas forcément simple, c’est déjà assez bouleversant pour ne pas en plus avoir des ennuis avec la justice du pays d’accueil.

Dans le cas où le statut n’est pas clair, c’est un peu la loterie. Soit on vous fichera la paix parce que vous n’êtes pas du pays, soit on vous aura à l’œil. A vous de voir si vous vous sentez d’attaque pour gérer ce stress supplémentaire.

Je le rappelle encore mais, une fois que vous êtes résidents dans un pays étranger, vous n’avez plus de compte à rendre à la France ! La scolarité de vos enfants ne la concerne pas/plus !

L’IEF, en pratique, on fait quoi ?

Si la loi sur l’éducation impose un curriculum et un suivi régulier des enfants instruits en famille, il va falloir suivre les directives. A vous de regarder le curriculum local. Après, vous pouvez faire appel à des professeurs particuliers, des cours par correspondance, des ateliers…

Si rien n’est imposé, c’est à vous de voir ! Curriculum local ? Éducation à la française ? Unschooling ? Il y a tant de possibilités !

Si vous voulez être classique et suivre les programmes soit du pays d’accueil, soit de la France, il va falloir se renseigner sur ces derniers. Vous mettez ensuite en place vos plages de travail et, soit vous faites tout vous-même, soit vous investissez dans des cours par correspondance. Votre enfant pourra passer les examens français (baccalauréat) en candidat libre dans un centre d’examen français s’il en existe dans votre pays de résidence.

L’avantage de la liberté, c’est de pouvoir aussi s’inspirer de façon de faire différentes et là, c’est tout un monde qui s’offre à vous : Montessori, Steiner/Waldorf, Freinet, Decroly, Froëbel, Reggio…. Si la pédagogie vous intéresse, alors vous aurez de quoi nourrir cet intérêt. Si c’est du Chinois, alors vous pouvez faire une recherche sur ces noms, en attendant que je vous en parle un peu plus ici dans des articles dédiés. Il y aussi de très bons blogs qui en parleront mieux que moi !

En dernière possibilité, il y a celle de ne pas du tout faire de curriculum. C’est l’unschooling. On suit les centres d’intérêt de l’enfant, on n’impose pas les choses, on ne formalise pas tout ce qui attise sa curiosité, bref, la liberté totale. Attention, ce n’est pas non plus laisser tout faire et ne rien faire du tout. C’est un mode de vie tout entier, qui peut surprendre et déstabiliser. J’en reparlerais aussi dans un billet dédié.

Et la sociabilisation ?

Sujet très sensible ! Mais instruire en famille ne veut pas dire rester enfermés chez soi, dans sa bulle franco-française. Si l’IEF est répandu dans votre pays d’accueil, il y a de grandes chances qu’un groupe de non-scolarisés existe près de chez vous. N’hésitez pas à rencontrer d’autres familles comme vous ! Ça vous fera un réseau de connaissances proche, permettra votre pratique de la langue et vous pourrez parler de vos inquiétudes. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est une expérience enrichissante !

S’il y a peu d’activités locales ou pas de groupe, pourquoi ne pas créer un réseau dans votre coin ? Ça demande de l’énergie, certes, mais c’est aussi une expérience qui peut être valorisante, surtout si on est le conjoint suiveur qui a tout arrêté pour s’expatrier. La solitude, c’est terrible quand on change de pays. Qui sait, peut-être vous découvrirez-vous de nouvelles compétences et qualités ?

Voilà ! Vous avez quelques billes pour vous lancer en IEF. A vous de jouer, maintenant !