Qui suis-je ?

Je vais un peu me présenter et parler de ce qui m’a poussée à ouvrir ce blog.
Je suis expatriée depuis presque six ans. Nous avons quitté la France pour raisons professionnelles. J’étais enceinte de mon fils aîné.
Il est donc né en Allemagne. Pays où l’instruction en famille est interdite. Je ne connaissais pas l’ief quand il est né. J’étais instit en reprise d’études, commençant un Master en sciences de l’éducation afin de pouvoir faire une thèse.
Mon sujet de première année portait sur l’éducation bienveillante que j’ai découvert en devenant maman. Puis, mon mémoire de seconde année était consacré à l’approche Reggio Émilia, plus particulièrement le rôle d’internet dans l’émergence de ce courant pédagogique chez les parents. A force de parcourir des blogs de parents, j’ai fait connaissance avec le monde de l’ief.
Ça a d’abord légèrement remué mon côté instit.
Et puis, j’ai cheminé. Mon fils allait sur ses deux ans et je n’étais toujours pas décidée à l’inscrire au Kindergarten pour diverses raisons. La graine a fini par germer et nous avons décidé, si nous en avions la possibilité, de ne pas le mettre en collectivité. Nous passions des journées agréables, nous faisions des activités, nous n’en ressentions pas le besoin.
Ma fille est aussi née en Allemagne. Le quotidien avec mon fils devenait difficile, mais nous continuions notre vie de Kitafrei. J’ai fini par trouver le groupe de gens qui, malgré l’interdiction, ne scolarisaient pas leurs enfants, les Freilernern. Malgré tout, je me suis sentie bien seule. Mon fils était trop jeune pour participer aux activités des grands, n’ayant pas six ans, nous n’étions pas considérés comme faisant partie du groupe.
Cependant, nous savions que nous ne resterions pas en Allemagne. J’ai donc attendu patiemment notre départ pour ailleurs.
Et depuis quelques mois, nous sommes au Royaume-Uni. Mon fils ayant cinq ans, nous pratiquons officiellement la Home Education. Je commence à fréquenter des groupes, mais la solitude se fait sentir par moment. S’intégrer n’est pas simple, même si je parle mieux l’anglais que l’allemand.
Je me suis dit que je n’étais sûrement pas seule dans cette situation.
Alors, j’ai eu l’idée de créer un espace pour que les familles dans la même situation que la nôtre puissent échanger et se soutenir.
J’espère que l’expérience des uns et des autres puisse être utile pour ceux qui éprouvent des difficultés à vivre l’ief dans leur pays d’accueil mais qui pensent que c’est une belle expérience.

Biélorussie


L’IEF est légal dans certaines situations. Elle n’est pas illégale, mais très mal vue et les autorités en charge de l’instruction la considèrent comme une pratique indésirable.
Selon l’Article 158 (1.2) du Code de l’Education, il est possible, pendant le cycle secondaire, de faire l’école à la maison. L’article 1 (16) précise plus spécifiquement que cette instruction en famille concerne les élèves qui ne peuvent de façon temporaire ou permanente suivre leur cursus à l’école publique ou privée. Les raisons doivent être médicales.

L’instruction en famille est alors supervisée par les institutions scolaires locales, soient proches de chez l’élève, soient, le cas échéant, celles qu’il fréquentait avant que les complications médicales apparaissent. Ces autorités donnent les autorisations sur demande de la famille de l’élève et présentation d’un certificat médical. 
En mai 2011, une liste des pathologies médicales acceptées à été publiée.
Toutefois, en regardant la loi d’un peu plus près, d’autres conditions peuvent mener à l’autorisation de l’instruction en famille :
– si l’enfant est exceptionnellement talentueux,
– si l’enfant ne peut aller à l’école de manière temporaire ou permanente pour “de bonnes raisons”.
Dans ces deux cas, l’élève suivra un plan individuel d’études. L’élève est inscrit dans une école, et est autorisé à suivre toutes les options qu’il souhaite. L’enfant instruit en famille doit régulièrement se rendre à l’école afin d’être testé.
Ainsi les familles qui voyagent beaucoup, les jeunes athlètes, les poètes, les artistes et les acteurs peuvent pratiquer l’IEF.
Cependant, vu le flou que peuvent engendrer des termes comme “bonnes raisons” ou “enfant talentueux”, l’autorisation de pratiquer l’IEF dans ces deux cas se fera au bon vouloir des autorités locales. Selon quelques témoignages, cela ne produirait quasiment jamais.

Bahamas


D’après le paragraphe 53 du code de l’éducation, c’est le devoir des parents de s’assurer que leur enfant aient accès à une instruction entre 6 et 15 ans que ce soit à l’école ou autrement.
Ainsi cet “autrement” donne donc un statut légal à l’instruction en famille.
Aucune régulation particulière existe à ce jour.

Azerbaïdjan


L’instruction en famille est légale. La loi sur l’éducation de 2009 donne le cadre légal où l’instruction à domicile et l’apprentissage individuel font partie des possibilités offertes.
L’instruction en famille doit cependant suivre les exigences du programme de l’école publique. Un contrôle est effectué sur base d’un examen donné par le représentant local du Ministère de l’éducation. Il pourra alors être délivré un certificat de réussite permettant d’accéder au niveau scolaire suivant.
La politique en matière d’éducation est d’assurer un accès équitable à l’instruction pour tous les enfants. Il semblerait qu’un financement pour l’instruction en famille soit prochainement mis en place.

Autriche



L’instruction en famille est légale et est gérée au niveau local. Cette instruction est considérée comme une forme de scolarisation privée. Cela signifie donc que le niveau d’enseignement doit être au minimum équivalent à celui de l’école publique, selon le décret de 1985 encadrant l’éducation.
Chaque année, une évaluation est faite afin de déterminer si cela est le cas. Il faut donc signaler chaque année à l’autorité chargée de l’instruction dont le lieu d’habitation dépend (Bezirksschulrat) l’intention d’instruire en famille. Les parents n’ont pas besoin d’avoir de qualifications particulières pour instruire leurs enfants. L’autorité a cependant le droit d’interdire à une famille d’instruire si elle juge que le niveau d’instruction n’est pas suffisant. Il est possible de faire appel de la décision auprès d’une autorité supérieure (Landesschulrat).  

Australie

L’instruction en famille est légale sur tout le territoire australien.
Cependant, étant donnée la particularité de ce pays, chaque état et territoire qui le composent a ses propres règles en matière de législation. Chaque état possède donc une autorité à laquelle il faut s’enregistrer. L’éducation en famille est contrôlée. 

Les états du NSW et du Queensland ont la réglementation la plus stricte. Il faut régulièrement montrer le programme envisagé, ce dernier devant être au niveau des exigences posées par ces états.
Dans l’état du Victoria, il suffit de déclarer l’ief. Cette dernière peut même se pratiquer à temps partiel.
Dans l’état de la Capitale, il faut remplir des documents de déclaration d’ief. Elle peut se faire à temps partiel. Vous devez suivre un programme mais ce n’est pas obligé que ce soit celui de cet état.
Dans l’état de l’ouest, un représentant des autorités viendra régulièrement vérifier que le programme suivi est celui de l’état.
Au nord, l’ief est soumise à l’autorisation des autorités. Le curriculum officiel doit être suivi.
En Australie du Sud, on demandera à suivre les huit piliers du curriculum.
La Tasmanie est l’état qui offre le plus de liberté.

Au vu de la spécificité territoriale de l’Australie, où certaines habitations sont très isolées, il est possible de faire de l’enseignement à distance grâce. Ce type d’instruction permet d’avoir accès à une aide donnée par des enseignants et à des ressources éducatives de ce qu’on appelle une école d’enseignement à distance. Ce type d’instruction ne demande pas à être enregistré auprès des autorités, car c’est l’école qui dispense l’enseignement à distance qui doit répondre aux exigences du gouvernement.
En Australie, il y a environ 30 000 enfants instruits en famille ou inscrits à une école d’enseignement à distance. L’instruction est obligatoire entre 6 et 15 ans.   


Plus d’informations sur ce site australien.

Argentine

Aucune loi n’interdit explicitement l’instruction en famille.
Les articles 265 et 264 du code civil (Código Civil de la República Argentina) ainsi que les articles 6 et 128 de la loi sur l’éducation nationale stipulent que les parents sont les premiers décideurs en ce qui concerne la vie de l’enfant. Selon ces lois, les mineurs sont sous l’autorité parentale, les parents ont le devoir et le droit d’élever, de supporter et d’éduquer leurs enfants, ainsi ils ont le droit de choisir une institution correspondant à leur philosophie, leur éthique ou leur religion.
Ceux qui pratiquent l’instruction en famille ont tenté en 2006 de faire entrer leurs droits dans la loi, mais cela n’a pas réussi. Ainsi, l’instruction en famille n’est pas officiellement reconnue comme une forme d’éducation. Cela rend l’accès aux diplômes et aux certificats difficiles pour les homeschoolers.

Royaume -Uni


L’instruction en famille est un droit fondamental au Royaume -Uni.
L’Education Act 1996, section 7 dit : ” The parent of every child in compulsory school age shall cause him to receive efficient full-time education, suitable to his age, ability and aptitude and to any special education needs he may have, either by regular attendance at school or otherwise.” (Le parent de tout enfant en âge scolaire doit faire en sorte qu’il reçoive une éducation à temps plein, qui soit adaptée à son âge, ses capacités et aptitudes, et à tous les besoins éducatifs particuliers dont il aurait besoin, par la fréquentation régulière d’une école ou par toute autre façon.)
Cette “autre façon ” peut donc être l’instruction en famille.
Il n’est nul besoin de déclarer aux autorités que vous choisissez ce mode d’instruction, sauf dans le cas d’une déscolarisation. Il faut alors informer le directeur de l’école de votre enfant.
L’instruction en famille, qui s’appelle “home education ” est assez courante. Différentes façons de faire cohabitent, que ce soit des apprentissages autonomes libres (“unschooling “) ou plus formel. Certains parents ne scolarisent pas pour respecter le rythme de leur enfant, d’autres par déception envers le système britannique.
Il n’y a pas vraiment de règles particulières pour l’instruction en famille. Il n’y a pas de contrôle. Cependant, une assistante sociale peut venir vous rendre visite afin de vérifier si les enfants ne sont pas maltraités.