Se lancer dans l’IEF

Ca y est, vous êtes décidés, vous allez vous expatrier dans un nouveau pays qu’il est beau, c’est vraiment chouette de commencer une nouvelle vie. A toutes les questions administratives qui se présentent, celle de la scolarisation de vos enfants arrive vite.

Si vous êtes déjà sur place au moment d’avoir vos enfants, vient l’âge de la scolarisation et une question se présente concernant cette étape importante.

Quelque soit votre cas, elle est là.

École locale ou école française ?

Et si tout simplement, vous décidiez de faire autrement ?

Être en règle avec la loi

La première chose à faire est de vérifier la légalité de l’instruction en famille dans le pays de résidence. Vous pouvez évidemment trouver des informations ici, sur Expatr’IEF, mais tous les pays ne sont pas encore entrés dans le site.

Une source d’information fiable est le texte de loi qui régit l’éducation du pays. On peut en trouver sur le site de l’UNESCO. Pour un grand nombre de pays, l’information est simple à trouver.

Si l’IEF est légale, youpi, c’est chouette. Il ne reste plus qu’à suivre les directives données par les autorités locales, déclarer tout ça proprement si c’est obligatoire, et c’est parti pour l’aventure !

Si l’IEF n’est pas légale, tant pis. Je ne suis pas partisane du « on s’en fiche, on est Français, on fait ce qu’on veut. » Être résident d’un pays, c’est respecter les règles du pays. Pour avoir habité en Allemagne et avoir vu ce que risquaient les familles qui ne scolarisaient pas malgré tout, ça refroidit. Être expatrié n’est pas forcément simple, c’est déjà assez bouleversant pour ne pas en plus avoir des ennuis avec la justice du pays d’accueil.

Dans le cas où le statut n’est pas clair, c’est un peu la loterie. Soit on vous fichera la paix parce que vous n’êtes pas du pays, soit on vous aura à l’œil. A vous de voir si vous vous sentez d’attaque pour gérer ce stress supplémentaire.

Je le rappelle encore mais, une fois que vous êtes résidents dans un pays étranger, vous n’avez plus de compte à rendre à la France ! La scolarité de vos enfants ne la concerne pas/plus !

L’IEF, en pratique, on fait quoi ?

Si la loi sur l’éducation impose un curriculum et un suivi régulier des enfants instruits en famille, il va falloir suivre les directives. A vous de regarder le curriculum local. Après, vous pouvez faire appel à des professeurs particuliers, des cours par correspondance, des ateliers…

Si rien n’est imposé, c’est à vous de voir ! Curriculum local ? Éducation à la française ? Unschooling ? Il y a tant de possibilités !

Si vous voulez être classique et suivre les programmes soit du pays d’accueil, soit de la France, il va falloir se renseigner sur ces derniers. Vous mettez ensuite en place vos plages de travail et, soit vous faites tout vous-même, soit vous investissez dans des cours par correspondance. Votre enfant pourra passer les examens français (baccalauréat) en candidat libre dans un centre d’examen français s’il en existe dans votre pays de résidence.

L’avantage de la liberté, c’est de pouvoir aussi s’inspirer de façon de faire différentes et là, c’est tout un monde qui s’offre à vous : Montessori, Steiner/Waldorf, Freinet, Decroly, Froëbel, Reggio…. Si la pédagogie vous intéresse, alors vous aurez de quoi nourrir cet intérêt. Si c’est du Chinois, alors vous pouvez faire une recherche sur ces noms, en attendant que je vous en parle un peu plus ici dans des articles dédiés. Il y aussi de très bons blogs qui en parleront mieux que moi !

En dernière possibilité, il y a celle de ne pas du tout faire de curriculum. C’est l’unschooling. On suit les centres d’intérêt de l’enfant, on n’impose pas les choses, on ne formalise pas tout ce qui attise sa curiosité, bref, la liberté totale. Attention, ce n’est pas non plus laisser tout faire et ne rien faire du tout. C’est un mode de vie tout entier, qui peut surprendre et déstabiliser. J’en reparlerais aussi dans un billet dédié.

Et la sociabilisation ?

Sujet très sensible ! Mais instruire en famille ne veut pas dire rester enfermés chez soi, dans sa bulle franco-française. Si l’IEF est répandu dans votre pays d’accueil, il y a de grandes chances qu’un groupe de non-scolarisés existe près de chez vous. N’hésitez pas à rencontrer d’autres familles comme vous ! Ça vous fera un réseau de connaissances proche, permettra votre pratique de la langue et vous pourrez parler de vos inquiétudes. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est une expérience enrichissante !

S’il y a peu d’activités locales ou pas de groupe, pourquoi ne pas créer un réseau dans votre coin ? Ça demande de l’énergie, certes, mais c’est aussi une expérience qui peut être valorisante, surtout si on est le conjoint suiveur qui a tout arrêté pour s’expatrier. La solitude, c’est terrible quand on change de pays. Qui sait, peut-être vous découvrirez-vous de nouvelles compétences et qualités ?

Voilà ! Vous avez quelques billes pour vous lancer en IEF. A vous de jouer, maintenant !

Israël


L’instruction en famille est légale.
Cependant elle doit être l’objet d’une autorisation émanant du ministère de l’éducation. Les parents doivent prouver qu’ils peuvent répondre aux besoins éducatifs de leur enfant.
Le ministère a d’ailleurs mis en ligne en 2009 un guide pour les parents instruisant en famille.

Blogs d’expatriés

Vous trouverez ici une liste de blogs tenus par des familles expatriées qui sont en IEF.

Blogs

Chez Héloïse Weiner, vous partirez en Angleterre, où cette famille atypique de 5 enfants est en unschooling.
Partez au Québec avec Crapaud et Chameau. On parle CPC et il y a des thèmes de travail et des fichiers à télécharger.
Avant de vivre à la Réunion, la famille de Graine de Crapule a passé quelques temps en Écosse. Apprentissages informels sont à l’honneur !

Comptes Instagram

  • Mina Mucha a 4 enfants. Ils habitent Vancouver, au Canada.
  • Sophie So habite à Londres. Ses enfants sont en Forest School à temps partiel.
  • On retrouve aussi Crapaud Chameau, Héloïse Weiner et Graine de Crapule.

    Jamaïque


    La loi sur l’éducation de 1980 stipule que l’instruction en famille est légale.
    L’instruction est obligatoire et il est de la responsabilité des parents de s’assurer que l’enfant en reçoive une que ce soit par le biais de l’école ou autre.
    En 2011, le premier ministre jamaïcain a déclaré instruire ses fils en famille.

    Japon


    La loi concernant l’instruction en famille est très vague.
    La société japonaise étant très centrée sur la communauté, les familles voulant faire l’ief sont très isolées.
    L’instruction obligatoire concerne les enfants de 7 à 14 ans. Le lycée n’est pas obligatoire.
    Il semblerait aussi que ce soit plutôt plébiscité par les familles chrétiennes.
    Toutefois, on estime que les élèves en IEF seraient entre 1000 et 5000 sur le territoire japonais.

    Indonésie

    L’instruction en famille est légale selon l’article 7 de la loi sur l’éducation.
    En 2007, les autorités ont publié une liste d’obligations à tenir pour les familles instruisant en famille comme la déclaration de l’instruction ou des tests à passer à certains niveaux, mais elles n’ont pas été appliquées à l’heure actuelle.
    Comme l’instruction en famille ne donne pas automatiquement droit au diplôme de fin d’études secondaires, il peut être difficile d’accéder à l’université.
    On compte environ 2000 familles concernées.

    Inde


    Il semblerait que la loi dise que l’école est obligatoire depuis le 1er avril 2010. Mais ce n’est pas clair. Car l’école est gérée au niveau national mais aussi régional. Cependant, les instruits en famille sont gérés par l’état.
    Aussi, le ministre de l’éducation indien a déclaré en septembre 2010 que si les familles veulent instruire à la maison, personne n’interférerait, car il considère que c’est de la gestion à petite échelle, ce qui n’est pas du ressort de l’état. L’obligation d’instruction est pour l’état, non les parents.
    Les familles continuent cependant à se battre pour que le statut de l’instruction en famille soit véritable et qu’il y ait une clarification de la loi.
    Il y aurait entre 500 et 1000 enfants concernés.

    Islande


    L’instruction en famille est très réglementée et les règles ont été durcies en 2009. Désormais, l’un des parents doit posséder un permis d’enseigner pour instruire ses enfants.
    Il faut inscrire son enfant sur un registre et fournir un plan détaillé des enseignements faits à la maison et de la progression envisagée afin que l’enfant atteigne les objectifs en regard du programme officiel, la liste des activités sociales de l’enfant, la liste des ressources mises à disposition pour favoriser les apprentissages.
    L’autorisation est soumise à la décision d’un bureau d’experts après enquête.
    Si l’ief est autorisée, l’enfant doit être inscrit dans une école de référence. Il devra passer un examen d’islandais et de mathématiques en quatrième, septième et dixième année, avec pour cette dernière, un examen en anglais. Il devra aussi avoir possibilité de participer aux activités de loisirs scolaires et aux sorties au même titre que les élèves de l’école où il est inscrit.
    Il a toutefois le droit d’avoir accès au matériel scolaire gratuitement, matériel qu’il rendra à la fin de l’année scolaire.
    Un compte rendu des activités et acquisitions sera demandé en janvier et juin de chaque année.

    Hongrie

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    L’instruction en famille est balbutiante, controversée. On estime que les débuts se situent en 2000. Il est possible de faire l’école à la maison mais il faut respecter les programmes officiels et se soumettre à deux contrôles par an.  L’enfant a alors un statut d’étudiant privé rattaché à une école publique ou privée.
    Toutefois, cela est difficile cart nombre d’écoles n’aiment pas l’instruction en famille. Cela s’explique par le fonctionnement des écoles hongroises dont le budget est alloué en fonction du nombre d’élèves. Comme les écoles doivent aussi organiser les sessions d’examens, elles n’apprécient pas de devoir le faire sans budget prévu pour. Le directeur de l’école est celui qui donnera la décision finale. C’est un parcours du combattant pour la plupart des familles que d’obtenir l’autorisation.
    La majorité des familles pratiquant l’IEF en Hongrie ont un enfant présentant des besoins particuliers. Les directeurs ont plus de facilité à donner l’autorisation de faire l’école à la maison, car cela leur épargne une prise en charge de ces élèves. dans les écoles.
     
    Un lien très intéressant sur l’instruction en famille en Hongrie (anglais).